Dans son isolement, il gravit par une discipline constante les pentes arides qui mènent aux cimes baignées de lumière (Sénard, « le Zodiaque »).
Le troisième signe de Terre porte l’empreinte de l’hiver, saison où si l’on veut survivre, il faut disposer d’une grande force intérieure. Signe cardinal, il représente le stade de la nature où la graine prépare la venue future de la plante. Ses sujets ne voient donc le moment présent que dans la mesure où il préfigure une réussite lointaine mais sûre. Dominé par Saturne, astre des structures indispensables, il se concentre sous le poids des responsabilités sans lesquelles il ne peut vivre.
bien qu’il puisse éprouver des émotions qu’il est capable de maîtriser. Sa formule caractérologique est le flegmatique (non émotif-actif-secondaire) ou le passionné (émotif-actif-secondaire). Agissant en général suivant des règles strictes, il n’est pas souple et s’adapte avec peine aux circonstances qui bouleversent l’ordonnance établie. Jamais il ne se mettra à la place d’un autre. Sa lenteur, son aplomb lui donnent une allure sérieuse, généralement justifiée, d’autant plus qu’il a horreur de perdre son temps, ce temps qui est une partie de lui-même.
Deux sous-types ont été distingués par A. Barbault : le premier est l'ambitieux, dont Staline est un exemple outré. Il s’affirme dans une lutte constante pour le pouvoir. Qu’il s’agisse de l’aide-comptable ou du ministre, il vise un sommet, il acceptera toutes les humiliations
pour franchir un échelon, puis un autre, acceptant les besognes les plus ingrates, il prévoit dix ans à l’avance. Le second sous-type, le détaché, méprise le pouvoir temporel. Son ambition est morale, spirituelle parfois. Ascétique, il suit le Christ (né un 25 décembre) dans la voie du dépouillement, il aspire à se retirer du monde, il rêve du surhumain, du supra-terrestre.
* Son intelligence : intériorisé, porté à la réflexion objective, à la méditation même, il est pratique et rationnel. Implacable dans ses jugements, il est trop souvent systématique, limité dans ses vues par les textes, les précédents. L’intellectuel de ce signe est à son aise dans la pensée abstraite, aimant tout mettre en équations, prolongeant les courbes sans tenir compte du jaillissement de la vie.
* Sa force : sa discipline, son esprit d’organisation et de méthode, son sérieux. Sa capacité de mûrir ses projets, ses grands desseins. Son emploi du temps strict. Compétent dans sa partie, il use l’obstacle, il sait ne voir que l’essentiel.
* Sa faiblesse : sa mauvaise humeur, son pessimisme cachant la crainte de manquer. Sa façon trop conservatrice de maintenir ce qu’il a établi contre vents et marées. Son rationalisme sceptique et desséchant. Son avidité du pouvoir. Son manque de communication humaine.
Sa vie amoureuse : appartenant au type « Pensée » de Jung, le Capricornien ne se complaît pas dans les complications sentimentales, qu’il considère comme du temps perdu, ainsi que les mondanités. Parfois frustré dans son enfance, il rejette l’amour pour se consacrer au travail, ou bien ne s’intéresse qu’à l’aboutissement rapide d’aventures charnelles. D’autres natifs du signe, émotifs secrètement, risquent de manquer leur vie affective par un excès de réserve, de timidité, attendant qu’on lui donne le feu vert. Souvent aussi, il se complaît dans les souvenirs du passé, lié malgré lui à l’enfance qu’il voudrait oublier. Ou bien, chez d’autres, l’égocentrisme barre la route à tout abandon du cœur, oubliant qu’il faut donner pour recevoir. La femme du Capricorne est souvent femme d’affaires ou de devoir, sérieuse par goût et peu encline à jouer les mères poules. Sobre dans ses goûts et ses toilettes, elle a toujours en tête, comme Mme de Pompadour, des problèmes de haute politique, fût-ce à l’échelon du palier, de la boutique ou du bureau. Homme ou femme, le sujet du Capricorne trouve fréquemment son bonheur à l’âge mûr dans une entente solide et tranquille. Mais s’il a trop négligé le cœur, il dira parfois comme Simone de Beauvoir, marquée par ce signe : « J’ai été floué... »